La photographie, c’est voler une seconde au temps. Tu appuies, et l’instant se fige. Ce qui allait disparaître devient “preuve”. Un visage avant qu’il change, une rue avant qu’elle se transforme, une lumière qui ne reviendra jamais exactement pareil. La photo dit : ça a existé.
Mais la vraie force, ce n’est pas l’instant, c’est le sens. Parce que tu ne cadres jamais au hasard : tu choisis ce que tu veux montrer, et surtout ce que tu veux laisser hors-champ. Une photo peut mentir par omission, ou révéler une vérité que personne n’avait vue. Elle peut être souvenir, message, cri silencieux, déclaration d’amour, ou simple trace pour ne pas oublier.
Et au final, la photo, ce n’est pas juste une image : c’est une décision. Un “je garde ça”. Un point fixe dans un monde qui bouge trop vite. L’immortalisme, c’est ça : pas l’éternité parfaite, mais un fragment sauvé d'un instant, assez pour traverser les années et continuer à parler.