Qu'est-ce que c'est la sociologie ?
La sociologie, c’est la science qui étudie comment les humains vivent ensemble.
En gros, elle essaie de comprendre :
pourquoi on se comporte comme on se comporte en groupe (famille, classe, amis, quartier)
comment la société nous influence (règles, mode, école, réseaux sociaux, traditions)
et comment les gens influencent la société (protestations, inventions, cultures, nouvelles habitudes)
Exemple :
Pourquoi, dans une classe, certains deviennent “leaders”, d’autres restent discrets, et parfois un élève se fait exclure ?
La psychologie regarderait surtout ce qui se passe dans la tête de chacun.
La sociologie regarde surtout ce qui se passe entre les gens : les rôles, les groupes, les règles, la pression des autres.
Phrase mnémotechnique :
La sociologie, c’est l’étude des groupes humains et des règles invisibles qui font fonctionner une société.
En sociologie, il y a des grands penseurs (des “pionniers”) et des courants (des grandes façons de regarder la société).
Auguste Comte (XIXe) : il veut étudier la société comme une “science”, avec des faits et des observations. Il popularise l’idée de sociologie.
Karl Marx : il insiste sur les inégalités, l’argent, le travail, et la lutte entre classes sociales (riches / pauvres, patrons / ouvriers).
Émile Durkheim : il explique que la société a des règles invisibles (normes) qui nous influencent. Il étudie aussi ce qui “tient” un groupe ensemble (solidarité).
Max Weber : il dit qu’il faut comprendre le sens que les gens donnent à leurs actions (leurs intentions). Il étudie aussi le pouvoir et les organisations.
Georg Simmel : il s’intéresse aux petites interactions du quotidien (discussions, conflits, amitiés), et à la vie en ville.
Puis, au XXe siècle, d’autres ont beaucoup marqué :
École de Chicago (Park, Burgess…) : ils observent la ville “sur le terrain” (quartiers, migrations, pauvreté).
Erving Goffman : il compare la vie sociale à une scène de théâtre : on “joue” des rôles selon les situations.
Pierre Bourdieu : il montre comment l’école et la société peuvent reproduire les inégalités (capital culturel, habitudes, réseaux).
(Et selon les thèmes) Simone de Beauvoir / sociologies féministes, Michel Foucault (pouvoir, normes, institutions), etc.
Le fonctionnalisme (ex : Durkheim)
La société est comme un corps : chaque partie (école, famille, lois) a un rôle.
Ex : l’école sert à apprendre, mais aussi à transmettre des règles et à vivre ensemble.
La théorie du conflit (ex : Marx)
La société est traversée par des conflits d’intérêts (argent, pouvoir, statut).
Ex : débats sur les salaires, les impôts, les conditions de travail.
L’interactionnisme (ex : Chicago, Goffman)
On comprend la société en regardant les échanges du quotidien (mots, attitudes, réputation).
Ex : comment un élève peut être “catalogué” comme drôle, bizarre, populaire, etc.
Le structuralisme / reproduction sociale (ex : Bourdieu)
Les règles du jeu sont déjà en place et peuvent favoriser certains groupes.
Ex : certains enfants ont plus d’aides, de livres, de codes sociaux… et ça “aide” à réussir.
Les approches critiques du pouvoir et des normes (ex : Foucault + courants féministes)
On étudie comment les institutions (école, justice, médias) définissent ce qui est “normal” et comment ça peut contrôler ou exclure.
1) La société nous construit-elle… ou est-ce nous qui construisons la société ?
(Influence des normes, de l’école, de la famille, des amis, des réseaux sociaux VS nos choix et nos actions.)
la réponse sociologique, c’est que c’est les deux en même temps.
La société nous construit parce qu’elle nous “programme” en partie : on apprend des règles (dire bonjour, faire la queue, respecter un prof), des habitudes et des idées de ce qui est “normal”. Durkheim appellerait ça des normes qui existent avant nous et qui nous influencent.
Mais nous construisons aussi la société : quand beaucoup de personnes changent leurs habitudes, la société change. Exemple simple : si une génération décide que certaines blagues sont blessantes, ou que le harcèlement doit être dénoncé, alors les règles du groupe évoluent (au collège, en ligne, au travail).
Et au milieu, il y a les interactions : Goffman dirait qu’on “joue des rôles” selon le contexte (élève sérieux en classe, pote drôle dehors), et ces rôles se fabriquent avec le regard des autres. Donc la société nous influence, mais nos actions répétées finissent aussi par fabriquer la société que l’on subit.
Conclusion : la société est comme un jeu avec des règles déjà là… mais les joueurs peuvent faire évoluer les règles, surtout quand ils sont nombreux.
2) Pourquoi les inégalités se reproduisent-elles, même quand on dit que “tout le monde a sa chance” ?
(Rôle de l’école, du capital culturel, des réseaux, de l’argent, des codes sociaux.)
La raison principale, c’est que les inégalités se transmettent souvent comme un “sac à dos invisible” : certains partent avec plus d’aides, de repères et de ressources que d’autres, sans que ce soit écrit sur leur front.
1) Pas les mêmes moyens matériels
Si une famille a plus d’argent, elle peut payer : un logement plus calme, des cours particuliers, un ordinateur, des activités, des livres, des sorties culturelles… Tout ça aide indirectement à réussir.
2) Pas les mêmes “codes”
Bourdieu explique que l’école valorise des façons de parler, d’écrire, de se comporter, de raisonner. Certains enfants apprennent ces codes à la maison (discuter, argumenter, vocabulaire…), d’autres non. Du coup, à l’école, ça peut donner l’impression que certains “sont naturellement bons”, alors que souvent ils ont juste les bons codes.
3) Les réseaux et les attentes
Weber et d’autres montrent que les relations comptent : connaître des gens, avoir des exemples autour de soi, se sentir “légitime”. Et parfois, les attentes des adultes ou des élèves (ex : “toi, tu vas réussir” / “toi, tu vas galérer”) influencent la confiance et les choix.
4) Même si l’école aide, elle ne peut pas tout réparer
L’école peut être un ascenseur social, oui. Mais si les écarts de départ sont énormes, l’ascenseur ne monte pas à la même vitesse pour tout le monde.
Conclusion : on dit “tout le monde a sa chance”, mais en réalité tout le monde ne commence pas la course au même endroit, et c’est pour ça que les inégalités ont tendance à se reproduire.
3) Comment se créent les “rôles” et les “étiquettes” dans un groupe, et pourquoi certains sont inclus tandis que d’autres sont exclus ?
(Popularité, harcèlement, réputation, “jouer un rôle” selon les situations, effet du regard des autres.)
Les “rôles” et les “étiquettes” se créent parce que, dans un groupe, les gens ont besoin de se repérer vite : qui est drôle, qui est fort, qui est timide, qui est “bizarre”, qui est “populaire”. Le problème, c’est que ces étiquettes peuvent devenir des prisons, surtout si elles sont injustes.
1) Les rôles naissent dans les petites interactions
Quand quelqu’un fait une blague et que tout le monde rit, il gagne une réputation de “drôle”. Quand quelqu’un rougit, hésite ou se fait couper la parole, il peut être catalogué “timide”. L’École de Chicago et Goffman diraient : c’est dans le quotidien (mots, regards, rumeurs) que le groupe se fabrique.
2) La “scène sociale” : on joue un rôle
Goffman compare la vie sociale à un théâtre : on s’adapte au public. En classe, tu peux jouer “sérieux”, dehors “cool”. Et plus les autres réagissent, plus le rôle se renforce (applaudissements = tu recommences, moqueries = tu te caches).
3) Inclusion / exclusion : le pouvoir du groupe
Un groupe peut inclure quelqu’un s’il respecte les codes (style, langage, humour, attitudes). S’il est différent, il peut être mis à l’écart. Ça peut aller de l’ignorance à la moquerie, jusqu’au harcèlement : c’est une façon (moche) de “protéger” le groupe en désignant un “pas comme nous”.
4) L’effet “boule de neige”
Une réputation peut se propager : une rumeur, une vidéo, un surnom… et même si la personne change, l’étiquette reste. C’est là que l’injustice apparaît : on ne voit plus la personne, on ne voit plus que le label.
Conclusion : les rôles et les étiquettes se créent par réactions en chaîne (interactions + regard des autres + rumeurs), et l’exclusion arrive souvent quand le groupe veut garder ses codes et son pouvoir… au lieu de laisser chacun exister sans le juger.
Pour conclure :
La sociologie, c’est la science qui étudie comment les humains vivent ensemble, comment les groupes se forment, et comment des “règles invisibles” (normes, habitudes, culture) influencent nos comportements. On a vu les grands penseurs : Comte (la société étudiée comme une science), Durkheim (les normes et ce qui tient le groupe), Marx (les inégalités et les conflits), Weber (le sens des actions et le pouvoir), Simmel (les interactions du quotidien), puis Chicago (observer la vie réelle), Goffman (la vie sociale comme un théâtre) et Bourdieu (la reproduction des inégalités).
Ensuite, on a résumé les grands courants : le fonctionnalisme (la société comme un organisme), la théorie du conflit (lutte d’intérêts), l’interactionnisme (tout se joue dans les relations du quotidien), la reproduction sociale (les règles du jeu avantagent certains), et les approches critiques (pouvoir, normes, exclusion).
Puis je t’ai proposé 3 problématiques : (1) est-ce la société qui nous construit ou l’inverse, (2) pourquoi les inégalités se reproduisent, (3) comment naissent les rôles/étiquettes et pourquoi certains sont inclus/exclus.
On a répondu à chacune : pour (1) c’est les deux : la société nous influence, mais nos actions répétées peuvent aussi faire évoluer les règles. Pour (2) les inégalités se reproduisent parce que tout le monde ne part pas avec les mêmes ressources, les mêmes codes, les mêmes réseaux, et l’école ne peut pas toujours compenser. Pour (3) les rôles se construisent par les interactions, le regard des autres, les rumeurs et l’effet boule de neige, et l’exclusion arrive quand un groupe veut protéger ses codes au lieu d’accepter les différences.
En bref : la sociologie t’aide à comprendre que beaucoup de choses qui semblent “personnelles” (réussite, popularité, exclusion, habitudes) sont aussi liées à la manière dont la société et les groupes fonctionnent.
Ressources : scolarité, lecture, ia, internet