Le savoir donner, c’est la capacité à offrir quelque chose de façon juste et saine.
Ça peut être du temps, de l’attention, une aide, une compétence, un objet, ou de l’argent.
Donner ne veut pas dire se sacrifier. Ça veut dire choisir ce que tu donnes, à qui, et dans quelles limites.
Un don “sain” respecte deux choses : la dignité de l’autre et tes propres ressources.
Le vrai savoir donner inclut aussi la manière de donner : discrète, claire, sans manipulation.
Et il comprend une compétence souvent oubliée : savoir dire non pour pouvoir donner mieux.
Exemple perso
Un ami traverse une période dure. Tu proposes une aide précise : “Je peux t’appeler 20 minutes ce soir” plutôt que “je suis là” sans cadre.
Exemple pro
Un collègue débute. Tu lui transmets une méthode simple et un document utile, puis tu le laisses pratiquer au lieu de faire à sa place.
Tu construis des relations plus fortes.
Les gens se sentent soutenus, sans dépendance.
Tu crées un cercle de confiance.
Donner juste donne envie de coopérer.
Tu gagnes en estime de toi.
Tu te sens utile, aligné, cohérent.
Tu développes ton leadership.
Tu aides les autres à grandir, tu élèves le niveau du groupe.
Tu clarifies tes limites.
Tu donnes mieux, sans t’épuiser.
Donner trop, puis exploser.
Tu finis en colère, en fatigue, en retrait.
Donner mal, créer de la dépendance.
Tu “sauves” au lieu d’aider, l’autre ne devient pas autonome.
Ne pas donner du tout, s’isoler.
Tu perds des liens, tu te fermes, tu deviens méfiant.
Ce que tu sais faire : petits dons simples (service, écoute, objet).
Erreurs typiques : donner “par culpabilité”, dire oui trop vite.
Objectif du niveau : donner quelque chose de précis avec une limite claire.
Ce que tu sais faire : aider de façon concrète, orientée solution.
Erreurs typiques : offrir des conseils non demandés, aider à moitié.
Objectif du niveau : vérifier le besoin réel avant d’aider.
Ce que tu sais faire : transmettre une compétence, structurer ton aide.
Erreurs typiques : faire à la place, expliquer trop, surprotéger.
Objectif du niveau : aider l’autre à devenir autonome.
Ce que tu sais faire : donner sans attendre un retour immédiat, ni reconnaissance.
Erreurs typiques : donner pour être aimé, contrôler, faire culpabiliser.
Objectif du niveau : donner librement, avec clarté.
Ce que tu sais faire : choisir où tu investis ton énergie, sur le long terme.
Erreurs typiques : vouloir sauver tout le monde, s’épuiser.
Objectif du niveau : un don régulier, soutenable, aligné.
Donner n’est pas se sacrifier.
Exemple : “Je peux t’aider 20 minutes” plutôt que “je vais tout gérer”.
Le don doit être clair et concret.
Exemple : “Je peux relire ton CV” plutôt que “dis-moi si besoin”.
Demande avant de conseiller.
Exemple : “Tu veux une écoute ou une solution ?”
Aider = rendre autonome.
Exemple : montrer la méthode, puis laisser l’autre faire.
Le non protège le oui.
Exemple : refuser une demande aujourd’hui pour pouvoir aider demain.
Respecter la dignité de l’autre.
Exemple : donner sans humilier, sans exposer.
Donner sans compter, mais pas sans conscience.
Exemple : savoir ce que ça te coûte en temps/énergie.
Quand l’utiliser : demandes floues, pression, culpabilité.
Comment faire (3 étapes) :
Dire ce que tu peux faire précisément.
Dire ce que tu ne peux pas faire (sans te justifier trop).
Proposer une alternative réaliste, si tu veux.
Piège à éviter : dire oui “par défaut” puis disparaître.
Quand l’utiliser : proches en détresse, conflits, émotions fortes.
Comment faire (3 étapes) :
Demander : “Tu veux que je t’écoute ou que je t’aide à trouver une solution ?”
Si écoute : reformuler et valider.
Si solution : choisir un petit pas concret.
Piège à éviter : donner des conseils non demandés.
Quand l’utiliser : quand tu as beaucoup de demandes.
Comment faire (3 étapes) :
Estimer : ça me prend combien de temps ?
Estimer : ça me coûte combien d’énergie ?
Estimer : quel impact réel pour l’autre ?
Piège à éviter : aider sur des choses “faible impact” qui te vident.
Quand l’utiliser : travail, famille, projets, entraide régulière.
Comment faire (3 étapes) :
Montrer une fois (démonstration courte).
Faire faire à l’autre (toi en soutien).
Laisser l’autre refaire seul + feedback.
Piège à éviter : reprendre la main “par impatience”.
Quand l’utiliser : prêt d’argent, service important, objets de valeur.
Comment faire (3 étapes) :
Clarifier : don ou prêt ? (et les conditions).
Mettre une limite : montant, délai, cadre.
Prévoir un plan si ça se passe mal (sans drame).
Piège à éviter : donner en espérant que l’autre devine tes attentes.
Objectif : donner mieux, sans te perdre.
Consignes :
Choisis une personne ou une situation.
Écris 3 aides possibles en 1 phrase chacune (temps limité).
Choisis la plus réaliste pour toi.
Critère de réussite : une proposition claire et faisable.
Objectif : protéger tes ressources.
Consignes :
Pense à une demande que tu acceptes trop souvent.
Écris un refus en 2 phrases : respect + limite.
Ajoute une alternative si tu veux.
Critère de réussite : un “non” sans agressivité ni culpabilisation.
Objectif : éviter le conseil automatique.
Consignes :
Prends une situation de plainte ou stress (pro ou perso).
Écris la question : “Tu veux une écoute ou une solution ?”
Prépare 2 phrases d’écoute + 1 proposition de petit pas.
Critère de réussite : tu peux répondre sans t’éparpiller.
Objectif : donner de façon durable.
Consignes :
Liste ce que tu peux donner : temps, compétences, réseau, objets.
Pour chaque : limite réaliste (par semaine / par mois).
Choisis 1 action régulière (ex : 30 min/sem d’aide pro).
Critère de réussite : une règle simple de don soutenable.
Objectif : pratiquer sans te cramer.
Consignes :
Chaque jour : un don petit et concret (message, aide, service, écoute).
Jour 3 : un “non” propre.
Jour 5 : transmettre une méthode à quelqu’un.
Jour 7 : bilan : ce qui t’a nourri / ce qui t’a vidé.
Critère de réussite : 7 actions + un apprentissage clair.
Réponds Oui/Non (ou 1–5).
Je sais donner sans attendre un retour immédiat.
Je sais dire non sans culpabiliser.
Je donne de façon claire, pas floue.
Je demande si la personne veut écoute ou solution.
Je respecte mes limites de temps et d’énergie.
Je sais aider sans faire à la place.
Je sais donner sans humilier ou exposer.
Je peux prêter/donner avec un cadre clair.
Je sais repérer quand je donne “par peur”.
Je peux réparer si je me suis engagé trop vite.
Score faible (0–3 Oui / moyenne 1–2)
Quoi faire : méthode “je peux / je ne peux pas” + exercice “non proprement” pendant 7 jours.
Score moyen (4–7 Oui / moyenne 3)
Quoi faire : ajouter “écoute ou solution” + transmettre plutôt que faire.
Score fort (8–10 Oui / moyenne 4–5)
Quoi faire : stabiliser : carte de dons + limites régulières.
Problématique : tu aides, mais tu t’épuises et l’autre n’apprend pas.
Analyse : tu donnes du résultat, pas de l’autonomie.
Solution étape par étape :
Clarifier la demande : “Tu veux que je t’explique ou que je le fasse ?”
Choisir “transmettre plutôt que faire”.
Démonstration 10 minutes.
Laisser l’autre faire, toi en soutien.
Feedback + fiche simple.
Résultat attendu : collègue plus autonome, charge réduite, relation saine.
Problématique : tu aides, puis tu te sens vidé et tu deviens froid.
Analyse : absence de limite + peur de décevoir.
Solution étape par étape :
Dire “je peux / je ne peux pas”.
Mettre une limite de temps : “20 minutes ce soir”.
Orienter vers autonomie : “voici 2 pistes, tu choisis”.
Si répétition : instaurer un rythme (1 fois/semaine).
Si abus : réduire la disponibilité, sans agressivité.
Résultat attendu : aide plus efficace, moins d’épuisement.
Donner par culpabilité
Pourquoi : peur d’être jugé, peur de perdre le lien.
Correction : donner petit, clair, et volontaire.
Donner des conseils non demandés
Pourquoi : vouloir “sauver”.
Correction : “écoute ou solution ?”
Dire oui, puis regretter
Pourquoi : impulsion, émotion.
Correction : “je te réponds demain” + estimation temps/énergie.
Faire à la place
Pourquoi : aller plus vite.
Correction : transmettre en 3 étapes.
Donner en attendant un retour
Pourquoi : besoin de reconnaissance.
Correction : clarifier tes attentes, ou donner autrement.
Donner trop, puis exploser
Pourquoi : pas de limites.
Correction : limites hebdo + un non propre.
Donner de façon floue
Pourquoi : peur de s’engager.
Correction : une offre précise (“20 min”, “un document”, “une action”).
Trop donner peut abîmer.
Équilibre : limites, rythme, récupération.
Le don peut créer une dette psychologique.
Équilibre : donner sans faire sentir une obligation.
Certaines personnes abusent.
Équilibre : cadre, distance, protection.
Donner peut masquer un besoin d’amour.
Équilibre : nourrir aussi tes besoins, pas seulement ceux des autres.
Parfois, le meilleur don est un cadre.
Équilibre : dire non, orienter, responsabiliser.
Jacques T. Godbout — “L’esprit du don” (avec Alain Caillé, sociologie)
À retenir : le don crée du lien, mais il peut aussi créer de la dette.
Marcel Mauss — “Essai sur le don”
À retenir : le don implique souvent une logique sociale de réciprocité (donner, recevoir, rendre).
Marshall Rosenberg — CNV (“Les mots sont des fenêtres…”)
À retenir : exprimer besoin et limites sans violence.
Associations de bénévolat (France Bénévolat, Croix-Rouge française)
À retenir : donner dans un cadre protège autant le bénévole que la personne aidée.
INRS / ANACT (limites, charge mentale, risques psychosociaux)
À retenir : donner sans limite mène à l’épuisement, surtout dans les métiers d’aide.
Savoir donner, c’est offrir sans se perdre.
C’est donner utile, clair, et respectueux.
Quand tu sais poser des limites, ton don devient durable.
Et quand tu aides à rendre autonome, tu fais grandir l’autre au lieu de le porter.
Le don sain crée du lien, pas une dette.
Prochaine étape : choisis une personne et fais une proposition d’aide en 1 phrase, avec une limite claire (temps ou forme).
GEEV, c’est une appli qui permet de donner et récupérer gratuitement des objets et aussi de la nourriture entre particuliers, près de chez toi (géolocalisation).
Son but est simple : éviter que des choses encore utilisables finissent à la poubelle, et faciliter le réemploi local.
Tu crées une annonce “Objets” ou “Nourriture”.
Tu ajoutes 2–3 photos, une description courte, et tes conditions de retrait (horaires, lieu approximatif).
Les personnes intéressées te contactent via la messagerie de l’appli.
Tu vois les annonces autour de toi (catégories, distance, etc.).
Pour contacter quelqu’un, l’appli utilise un système de crédits appelés “bananes” : un premier contact consomme 1 banane (sauf cas particuliers).
Le but : éviter que seuls des “gros récupérateurs” contactent tout le monde, et garder un certain équilibre dans la communauté.
GEEV peut être utilisé gratuitement, et il existe une offre d’abonnement (Geev Plus) avec des avantages.
GEEV vise surtout le réemploi : un objet continue sa vie chez quelqu’un d’autre.
C’est souvent plus efficace écologiquement que recycler, parce que tu évites de produire du neuf.
Pour la nourriture, l’idée est de donner des produits encore consommables plutôt que de les jeter.
GEEV propose aussi un outil de valorisation carbone / suivi d’impact (dons et adoptions).
Tu donnes concret (objet / nourriture), sans discours.
Tu donnes local (moins de transport, plus rapide).
Tu donnes avec un cadre (annonce, messagerie, règles), donc moins de flou.
Quand tu donnes sur GEEV : description courte + état réel + créneau de retrait clair.
Ça réduit les échanges inutiles et ça augmente les chances que l’objet parte vite.